01 avril 2012
Le mauvais rêve
Comme tu paraissais petite sur le large sofa de toile rouge. De ta bouche sortaient quelques paroles inaudibles, dernières lueurs d'une vie à l'agonie. À tes pieds, telle une mater dolorosa, ta soeur des roses se lamentait avec force, et moi, moi je pleurais sans retenue.
Puis, debout, devant la foule grise, je me vois prononçant ces mots sous les voûtes délavées de l'église triste : "Là où je vais, je passe des caps, je passe des ponts ; de là où tu es, tu rejoins les étoiles".
Au petit matin, à mon réveil, la photo de... [Lire la suite]01 avril 2012
Le vaisseau fantôme
Je vis dans une grande bâtisse en ruines. Le vent y penètre et fait gricer les gonds des portes délabrées. La pluie s'y glisse et forme des flaques gigantesques. Cette nuit, j'ai régné sans partage sur ce royaume. Cette nuit, j'étais seul maître à bord de ce vaisseau fantôme. Cette nuit, j'ai veillé seul à mon chevé...01 avril 2012
Si loin de tout
Je me sens cassé. Comme un pantin disloqué. Je me sens vide. Comme en dehors de moi-même. Comme à côté de moi-même. Mon propre fantôme. Je me laisse vivre. Parfois, je reste assis, les yeux plongés dans le vide. J'attends...20 novembre 2011
Aux vaines amitiés - ou - Conte plein d'amertume
Il était une fois un prince qui avait le cœur chagrin. Une nuit, son cœur était si gros qu'il ne pouvait dormir. Le prince n'était pas habitué à pleurer et ne pouvait, par ses sanglots, vider son petit cœur. Il se leva et courut à l'arrière de sa demeure. Là s'étendait un jardin bordé d'une sylve profonde. À l'orée de la forêt, il creusa un trou, plongea la tête dans l'orifice et hurla tout son désespoir. On dit que le hurlement du prince était si puissant qu'il effraya tous les animaux du bois et que ceux-ci ne revinrent jamais dans... [Lire la suite]20 novembre 2011
Le goût des larmes
Des yeux, coulent les larmes.
Sur les joues, roulent les larmes.
Sur les lèvres, éclatent les larmes.
Mais quel goût auront tes lèvres ?20 novembre 2011
La vallée des larmes
Car on sait bien que tout cela n'est qu'une vaste comédie, un cirque, une arène, une scène de théâtre. Un acteur entre. S'il est bon, on l'applaudit. Mais s'il est mauvais, pas de pitié pour lui : il est renvoyé dans le ravin de ses certitudes, dans le néant de ses espoirs trahis, dans la fosse de ses fourvoiements d'antan. À quoi bon se nourrir d'illusions ? Allons ! Nous devrions savoir que la fin est toujours la même ! Seuls quelques-uns d'entre nous sauront attirer à eux gloire et reconnaissance. Pour les autres, la vallée des... [Lire la suite]20 novembre 2011
L'Espoir
On croit souvent pouvoir. Alors on est heureux. Quand on réalise qu'on ne peut pas, on se rassure en se disant que le temps n'est pas encore venu. On se prend à espérer : oui, c'est certain la chance frappera à nouveau demain à ma porte ! Combien sont-ils ceux qui attendent que la bonne Fortune vienne combler leurs amours vides ?18 novembre 2011
Le mur
Il est des murs qu'on ne franchit pas. J'ai échoué. Je ne saurai jamais ce qu'il y a derrière. Eh bien soit ! Désormais, je resterai là au pied du mien avec toute ma peine et mes regrets, préférant me contenter du ciel et des étoiles.18 novembre 2011
Le château de sable
Je suis le maître d'un château de sable que les vagues effritent patiemment. Déjà les murs de ma forteresse se fissurent et les briques tombent une à une au pied du rempart qui jadis me protégeait. Bientôt le vent du changement lancera son souffle froid contre mes fenêtres et les brisera. Alors la citadelle que je croyais imprenable s'écroulera. Pleure maintenant car les jours sombres qui se précipitent feront de toi le roi sans couronne d'un royaume désarticulé !18 novembre 2011
Le numéro de cirque
Je suis actuellement la vedette d'un numéro de cirque à grands frissons : celui du lancer de couteau. Placé sur un support circulaire mobile, je tourne, non pas dans le sens des aiguilles d'une montre, mais dans tous les sens. Là-bas, à l'autre extrémité de la salle, les yeux bandés, mon partenaire lance des couteaux effilés sur la cible que je constitue. Le but n'est pas, comme dans tous les numéros de ce genre, d'éviter les couteaux, mais de les recevoir. Chaque jour les lames transpercent ma chair, éclatent mes organes vitaux,... [Lire la suite]
